Bernard Hinault et ses titres du Tour de France : les 5 sacres d’une légende (1978-1985)

Thomas G.

17 juillet 2026

En bref :

  • Bernard Hinault a remporté le Tour de France cinq fois : 1978, 1979, 1981, 1982 et 1985.
  • Il partage le record de victoires avec Anquetil, Merckx et Indurain, tous quintuples vainqueurs.
  • Surnommé le Blaireau, il reste à ce jour le dernier Français vainqueur du Tour.
  • Son palmarès dépasse le Tour : 3 Giro, 2 Vuelta et un titre de champion du monde en 1980.
  • Sa dernière victoire de 1985 marque la fin d’une domination française jamais retrouvée.

Chaque mois de juillet, la même statistique revient hanter le cyclisme français : plus de quarante ans sans victoire tricolore sur le Tour de France. Le dernier à avoir levé les bras sur les Champs-Élysées en vainqueur s’appelle Bernard Hinault, et c’était en 1985. Derrière ce chiffre se cache l’un des palmarès les plus impressionnants de l’histoire du sport. Cinq Tours de France, mais aussi des Giro, des Vuelta et un maillot arc-en-ciel. Les chiffres parlent d’eux-mêmes, pourtant ils ne disent pas tout de la manière dont le Breton a régné sur la Grande Boucle. Revenons sur les titres de Bernard Hinault sur le Tour de France, année par année, et sur ce qui fait de lui une figure toujours aussi présente dans les mémoires.

Bernard Hinault et ses titres du Tour de France : les 5 sacres d'une légende (1978-1985)

Bernard Hinault, cinq fois vainqueur du Tour de France

La réponse tient en un chiffre : cinq. Bernard Hinault a inscrit son nom au palmarès du Tour de France à cinq reprises, en 1978, 1979, 1981, 1982 et 1985. Une régularité au sommet qui s’étale sur huit saisons et place le coureur breton dans un cercle très fermé.

AnnéeÉquipeDauphin (2e)Fait marquant
1978Renault-GitaneJoop ZoetemelkPremier Tour, premier sacre
1979Renault-GitaneJoop ZoetemelkDoublé, domination totale
1981Renault-ElfLucien Van ImpeRetour au sommet
1982Renault-ElfJoop ZoetemelkDoublé Giro-Tour
1985La Vie ClaireGreg LeMondDernier sacre, dernier Français

Un record partagé avec les plus grands

Avec ces cinq couronnes, Bernard Hinault rejoint un trio de légende. Jacques Anquetil, Eddy Merckx et plus tard Miguel Indurain comptent eux aussi cinq victoires sur la Grande Boucle. Aucun coureur n’a jamais fait mieux. Ce record partagé situe immédiatement le niveau du Breton dans la hiérarchie de tous les temps. Là où beaucoup de champions rêvent d’un seul maillot jaune définitif à Paris, lui en a collectionné cinq en huit ans.

Le Blaireau, un surnom qui colle à sa carrière

Impossible d’évoquer Bernard Hinault sans son surnom, le Blaireau. En Bretagne, l’expression désignait à l’origine une forme de camaraderie entre coureurs, avant de devenir la marque de fabrique d’un compétiteur au caractère entier. Une image résume ce tempérament mieux que toutes les statistiques. Sur Paris-Nice 1984, des manifestants bloquent la route de la course. Sans hésiter, le Breton descend de vélo et fonce dans le tas, poings en avant, pour se frayer un passage. Ce genre de coup d’éclat, à la fois brutal et instinctif, a forgé sa légende autant que ses victoires. Pour prolonger cette plongée dans l’histoire de la petite reine, la mémoire du cyclisme regorge de figures de ce calibre.

À retenir : cinq victoires sur le Tour, c’est le plafond absolu de la discipline. Bernard Hinault n’est pas seulement un grand champion français, il fait partie des quatre meilleurs coureurs de Grand Tour de l’histoire.

1978 et 1979 : les deux premiers sacres du Blaireau

Le premier titre de Bernard Hinault arrive dès sa première participation, en 1978. À 23 ans, le Breton s’impose pour ses débuts sur la Grande Boucle, un exploit rare qui annonce la couleur. Il devance le Néerlandais Joop Zoetemelk, éternel deuxième, et s’affirme immédiatement comme le nouveau patron du peloton après l’ère Merckx.

Ce premier succès s’appuie sur un environnement solide. Sous la houlette de son directeur sportif Cyrille Guimard, un stratège réputé, le jeune coureur de l’équipe Renault-Gitane apprend vite à gérer une course de trois semaines. L’ère Merckx vient de s’achever et le peloton cherche un nouveau patron. Le Breton s’installe dans ce vide au sommet avec une assurance déconcertante pour un débutant.

L’année suivante, en 1979, il confirme de la plus belle des manières. Bernard Hinault domine le Tour de bout en bout et récidive face au même Zoetemelk. Cette édition reste dans les mémoires pour l’écart creusé, plus de treize minutes sur son dauphin, et pour l’autorité du champion, capable de gagner des étapes de montagne comme des contre-la-montre. Il remporte cette année-là sept étapes, un total colossal. En deux ans, le Breton a transformé l’essai et pris le pouvoir sur le cyclisme mondial.

1981 et 1982 : les années de domination absolue

Après une saison 1980 contrariée par une tendinite qui l’oblige à abandonner alors qu’il porte le maillot jaune, Bernard Hinault revient plus fort. En 1981, il remporte son troisième Tour de France avec une supériorité écrasante, distançant Lucien Van Impe. Le doute né de l’abandon de l’année précédente est balayé.

Le doublé Giro-Tour de 1982

1982 marque l’apogée. Bernard Hinault réalise l’un des exploits les plus difficiles du cyclisme : le doublé Giro-Tour la même saison. Gagner le Tour d’Italie puis enchaîner sur la victoire finale à Paris exige une condition physique et une gestion hors norme. Peu de coureurs y sont parvenus dans l’histoire. Ce quatrième maillot jaune, acquis devant Zoetemelk une nouvelle fois, installe le Breton comme le coureur le plus complet de sa génération. Cette période coïncide avec l’âge d’or d’un Tour qui traverse déjà la Normandie et ses villes étapes, comme le raconte le passage récent du Tour de France à Bayeux.

1985 : le dernier titre de Hinault sur le Tour de France

La cinquième victoire est la plus symbolique. En 1985, Bernard Hinault court désormais sous les couleurs de La Vie Claire, l’équipe de Bernard Tapie. Il décroche son cinquième et dernier Tour de France, rejoignant définitivement Anquetil et Merckx au sommet du palmarès. Ce sacre a une saveur particulière, car personne ne le sait encore : aucun Français ne gagnera après lui.

La rivalité avec Greg LeMond

Cette édition est marquée par la présence dans sa propre équipe de l’Américain Greg LeMond, jeune talent promis à un grand avenir. Coéquipier mais rival de fait, LeMond termine deuxième et nourrit une frustration qui explosera l’année suivante. Bernard Hinault avait promis d’aider l’Américain en 1986, une parole qui donnera lieu à l’un des duels les plus commentés de l’histoire du Tour. En 1985, l’expérience du Breton fait la différence.

Un sacre au visage ensanglanté

Ce Tour 1985 reste aussi célèbre pour une image forte : le visage de Bernard Hinault en sang après une lourde chute à l’arrivée de Saint-Étienne, le nez cassé. Malgré la douleur, le Breton s’accroche, défend son maillot jaune et rallie Paris en vainqueur. Cette capacité à souffrir sans céder résume toute sa carrière et son surnom.

Au-delà du Tour : le palmarès complet d’un géant

Réduire Bernard Hinault à ses titres du Tour de France serait une erreur. Le Breton fait partie du club très restreint des coureurs ayant remporté les trois grands Tours. À ses cinq victoires sur la Grande Boucle s’ajoutent trois Giro d’Italia (1980, 1982, 1985) et deux Tours d’Espagne (1978, 1983). Au total, dix succès sur des courses de trois semaines, un chiffre qui donne le vertige.

Il faut y ajouter le titre de champion du monde sur route en 1980, conquis à Sallanches sur un parcours exigeant, ainsi que des victoires sur les classiques les plus dures. Bernard Hinault s’est imposé sur Paris-Roubaix en 1981, l’Enfer du Nord qu’il détestait pourtant, et sur Liège-Bastogne-Liège. Ce palmarès polyvalent, du pavé au chrono en passant par la haute montagne, distingue les très grands des simples champions. Peu de coureurs peuvent aligner un tel éventail de victoires.

Pourquoi aucun Français n’a gagné le Tour depuis Bernard Hinault

Voilà la question qui donne à ce palmarès une résonance particulière. Depuis 1985, plus aucun coureur français n’a remporté le Tour de France. Quarante ans d’attente, malgré de belles tentatives signées Laurent Fignon, Richard Virenque, Thibaut Pinot ou Romain Bardet. Comment expliquer ce désert au sommet ?

Le plus cruel symbole de cette attente survient dès 1989. Laurent Fignon, ancien coéquipier de Bernard Hinault chez Renault, échoue à huit secondes de Greg LeMond après trois semaines de course, le plus petit écart de l’histoire du Tour. La France tenait sa succession, elle lui a filé entre les doigts sur les Champs-Élysées lors d’un ultime contre-la-montre resté légendaire. Depuis, chaque génération a produit ses espoirs sans jamais aller au bout, entretenant une frustration devenue presque culturelle.

Ce désert au sommet s’explique aussi par la mutation économique du cyclisme. Les équipes se sont mondialisées, les budgets ont explosé et la préparation s’est professionnalisée à l’extrême, souvent portée par des formations anglo-saxonnes aux moyens colossaux. La concurrence s’est aussi élargie à des nations autrefois absentes de la lutte pour le maillot jaune. À mon sens, la France a longtemps manqué d’une structure capable de fabriquer un leader complet sur trois semaines, dans un peloton devenu bien plus dense qu’à l’époque du Blaireau. Chaque été, l’ombre de Bernard Hinault plane donc un peu plus sur le Tour, à mesure que le record d’attente s’allonge. Pour vivre cette effervescence estivale, le passage du Tour de France à Caen rappelle à quel point la Grande Boucle reste un rendez-vous populaire majeur.

Conclusion

Les cinq titres de Bernard Hinault sur le Tour de France racontent l’histoire d’un champion total, capable de gagner par la force comme par l’intelligence de course. De son sacre pour ses débuts en 1978 à son dernier maillot jaune en 1985, le Breton a marqué son époque au fer rouge, avant de raccrocher à 32 ans comme il l’avait promis. Quintuple vainqueur, champion du monde, seul maître d’un palmarès couvrant les trois grands Tours, il reste surtout, quatre décennies plus tard, le dernier Français à avoir triomphé sur la plus grande course du monde. Une place dans l’histoire que personne n’a encore réussi à lui reprendre.

Questions fréquentes

Combien de fois Bernard Hinault a-t-il gagné le Tour de France ?

Bernard Hinault a remporté le Tour de France cinq fois, en 1978, 1979, 1981, 1982 et 1985. Ce total le place à égalité avec Jacques Anquetil, Eddy Merckx et Miguel Indurain, les quatre coureurs les plus titrés de l’histoire de l’épreuve.

En quelle année Bernard Hinault a-t-il remporté son dernier Tour ?

Sa dernière victoire remonte à 1985, sous les couleurs de l’équipe La Vie Claire. Il devançait alors son coéquipier américain Greg LeMond. À ce jour, Bernard Hinault demeure le dernier vainqueur français du Tour de France.

Pourquoi surnomme-t-on Hinault le Blaireau ?

Le surnom vient de Bretagne, où le terme désignait à l’origine une forme de camaraderie entre coureurs. Il est ensuite devenu le symbole du caractère combatif et tenace du champion, capable de s’imposer même blessé, comme lors du Tour 1985.

Hinault est-il le dernier Français à avoir gagné le Tour de France ?

Oui. Depuis son sacre de 1985, aucun coureur français n’a remporté le Tour de France. Cette attente, qui dépasse désormais quarante ans, renforce encore le statut de légende de Bernard Hinault dans le cyclisme tricolore.

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